HISTOIRE GAY : LES GARCONS

Blog consacré au roman feuilleton Les Garçons et quelques autres oeuvres...

03 avril 2007

Le Malentendu : la scène du restaurant

Voici, comme prévu, un extrait du Malentendu, histoire de célèbrer la sortie de la version romancée, aujourd'hui même!

La scène du restaurant :

Sylvain ressentait dans tout son être l’envie d’embrasser Mikaël, de l’embrasser maintenant, sur la bouche, devant l’assistance : des individus d’apparence bourgeoise, trop peut-être pour que cela soit crédible, trop habillés, pour ce cadre baroque.  Lui qui d’ordinaire était soucieux des conventions, des usages, ce en quoi il était toujours rejoint par son petit ami, n’eut que faire des qu'en-dira-t-on : approchant son visage émerveillé de celui de Mikaël, il l’embrassa timidement sur les lèvres. Ce dernier ferma les yeux, se laissant guider, envahit par une sensation de bonheur puissante, si puissante qu’elle le ramenait des années en arrière, lorsque, pour la première fois, leurs bras s’étaient frôlés, au milieu des VHS, entre les deux cartons. La même émotion, exactement, le même frisson parcouraient leurs deux corps. Leurs  lèvres se chevauchaient, délicatement parfumées du précieux café, se faufilaient l’une sur l’autre, s’épousaient. Les clients du restaurant, et quelques serveurs, les regardaient sans rien dire, certains affichant des airs outrés, voire horrifiés : une vieille femme, improbable grenouille de bénitier décrépie, l’air sévère, prétendu digne, se signa et murmura qu’il était inconvenant de se livrer à des mœurs sodomites. Toute sa vie durant, cette femme avait ignoré ce qu’est l’amour, mais, pensant pourtant porter en elle bien et raison, elle ne s’empêchait jamais de juger, invoquant son dieu, apte tout autant quelle à décider de qui devait s’aimer, à qui il était permis de connaître de grands sentiments. Elle ne savait pas ce qu’était l’amour, cela se voyait or, pour des raisons que bien des personnes ignorent, elle-même ne le savait pas, parce que souvent, le regard que nous portons sur nous-mêmes est biaisé, ce pourquoi nous ne sommes pas apte à juger autrui, dont nous ne voyons que quelques facettes. En bonne chrétienne, elle leur souhaita, le plus aimablement du monde, le bûcher. Mais ce fut, hors ses grommellements, le silence absolu, comme si le monde, oui le Monde, était à eux, qu’ils existaient à cet instant pour chacun de ces regards différents, regards qui convergeaient indéniablement vers eux, dans un silence de plus en plus merveilleux, extraordinaire, magique, silence qui les isolait, comme si le monde, oui, toujours le Monde, n’existait que pour eux, par eux et personne, non personne n’entendit les grommellements de la veille femme, personne, pas même Dieu.

Et puis...

Pour le savoir, c'est ici que cela se passe :

LES GARCONS : VERSION ROMANCEE

Posté par Histoiregay à 17:18 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

C'est vraiment très beau "Nicolas", bravo pour cette émotion

Posté par gayman, 05 avril 2007 à 15:23

On peut pas avoir un extrait plus long, pllllleasssssssssssssssssssssssssseeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee

Posté par LaurentG, 06 avril 2007 à 18:34

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